« 2006-12 | Page d'accueil | 2007-02 »

31.01.2007

Gwenelg - Le Tome II

Lorsque le mot fin a été posé au bas de la dernière page du « Retour du Tonnerre », je n’ai, à aucun moment, pensé à une suite.
Les mois passants, celle-ci est pourtant devenue évidente.
Par ailleurs, nombre lecteurs m’ont fait part de cette même attente.

Aujourd’hui, elle est quasiment prête. Le texte est terminé.
Reste à mettre en place le circuit d’édition et de diffusion.
Dès qu’il sera finalisé, j’en ferai part.

« Durandal », puisque tel est le titre de la suite du « Retour du Tonnerre », devrait être publié dans les prochaines semaines.

Je suis assez fier de ce nouvel opus.
Nous en reparlerons.

29.01.2007

Le rôle de L'écrivain

Samedi dernier, les animateurs de la bibliothèque de Plouénan avaient pris l’initiative d’organiser un débat autour du rôle de l’écrivain, son inspiration, son parcours.

J’ai eu le plaisir d’y rencontrer 2 autres auteurs : Bernard Dilasser et Pierre Petton. Nous avons tous trois des univers extrêmement différent, et ce fut très riche.

Les échanges furent réellement conviviaux, pétillants par instant, et la trentaine de participants ont animés les discussions avec beaucoup de pertinence et de décontraction.
Une mention spéciale au jeune Gwendal, un très grand lecteur malgré son jeune âge, et qui avait particulièrement bien préparé son affaire.

Tout y est passé : L’origine de la volonté d’écrire, l’imagination, le travail que cela représente, l’organisation que cela implique.

L’aspect économique ne fut pas évité. Sans tabous, nous y avons tous trois répondu. Bien entendu, aucun de nous ne vis de sa plume. Ce n’est pas surprenant : en France, moins de 80 écrivains vivent de leur art.
Mais également la chaîne littéraire, de l’auteur au rayon en librairie, en passant par l’éditeur, le distributeur, etc …. C’est un monde particulier ou chacun a sa méthode : certain éditeurs sont de vrais commerçants, voires industriels (ce n’est pas péjoratif, au contraire) avec une stratégie établie, d’autres vendent des livres comme on vend des chaussures, dans un coin du marché local. C’est selon.

Nous avons eu beaucoup de mal à nous quitter.
Je remercie les organisateurs de ce débat. C’était bien.

28.01.2007

Gwenelg - L'extrait du dimanche matin

Come tous les dimanches matin, un petit extrait du tome 1 des aventures de Gwenelg : "Le Retour du Tonnerre".
Aujourd'hui, la première rencontre avec Monseigneur de Kergariou.

"Un énorme tas d’immondices formant un talus indiquait l’entrée de la cité. Tout près, des taudis crasseux et puants s’entassaient de manière incroyable. Pataugeant dans des flaques d’eau saumâtre, des enfants à peine couverts de guenilles, la morve au nez, stoppèrent leurs jeux pour regarder passer les deux voyageurs.
Ceux-ci poursuivirent et parvinrent à la ville. Ils s’éclaboussèrent alors dans la boue de la rue détrempée par les dernières pluies. Le garçon était protégé par ses sabots, mais pas le moine qui avec ses simples sandales avait comme souci de ne pas choir dans des restes de cuisine et d’excréments.
L’égout était au centre de la rue. Le sang des écorcheries coulait au milieu du passage. Des cadavres de chiens pourrissaient contre des murs de maisons, tandis que d’autres, faméliques, se disputaient férocement des lambeaux de viande putride.
Dépassant progressivement les quartiers mal famés peuplés de mendiants de voleurs et de prostituées, ils atteignirent les rues menant vers la place de l’Evêché. Le chemin se couvrit alors de galets plantés verticalement, bien plus facile pour la progression.
Les voies étaient étroites, tant pour se prémunir au mieux des intempéries que pour ralentir l’arrivée des barbares. Mais elles étaient quand-même suffisamment large pour autoriser le passage d’une charrette. A cette heure de la journée, les rues étaient encombrées par les étals des marchands de légumes et des poissonniers.
Les maisons étaient soit de bois avec des toitures très pointues, soit de granit recouvert d’un torchis généralement sale. Certaines avaient un rez-de-chaussée en pierre sur lequel venait reposer un colombage. Les demeures de notables se remarquaient par l’entourage travaillé de leur portes.
Des échoppes offraient aux passants leurs services : Drapiers, chirurgiens, tisserands, couteliers, fours à pain, tannerie, bouchers, ferrons, ainsi qu’un nombre respectable de tavernes. Il s’agissait là d’une particularité de la ville. Les guildes préféraient traditionnellement regrouper les corps de métier dans des quartiers bien distinct. Ce n’était pas le cas à Saint-Pol.
Des hommes vêtus de loques et tirant des charrettes à bras croisaient des femmes en costume traditionnel ainsi que quelques riches marchands, fermiers ou propriétaire de bateau. Tout ce petit monde parlait, criait, riait, s’interpellait, s’insultait, et les paroles se mélangeaient aux cris des animaux que l’on allait vendre.
Pol et son neveu croisèrent le prévôt, qui salua le moine d’un signe de la tête. Ils débouchèrent sur la place de l’Evêché placée sous l’ombre bienveillante de la cathédrale. Des corneilles sortaient et entraient dans les deux clochers jumeaux, criant et faisant un bruit d’enfer.
Dans le haut de la place, une foule commençait à se rassembler. Le nouveau Tro-Breizh débutait les jours suivants.
Il était près de sexte (sixième heure du jour : Midi) quand Pol et Gwenelg s’avancèrent jusqu’au perron de l’Evêché, une longue bâtisse de deux étages qui se situait en contre-bas de la demeure du sénéchal.
Le moine frappa à la lourde porte de chêne renforcée de larges ferrures en se servant du marteau. Très vite un religieux fatigué au teint cireux leur entrouvrit la porte. Il jeta un regard à Gwenelg, et s’adressa à Pol avec morgue.
- Mon frère ?
Pol lui fit son plus beau sourire.
- Bonjour mon Frère, je suis Pol Ar Louarn de Sieck. Il est prévu que je rencontre Monseigneur Derrien. Vous êtes nouveau ici, non ?
Le fait de mentionner le nom du maître des lieux sembla réveiller brutalement le moine qui retrouva immédiatement un semblant de civilité.
- Oui, bonjour mon frère. Je suis frère René, et Monseigneur m’a effectivement prévenu de votre venue. Entrez, et attendez-moi, je vais le prévenir.
Le moine les abandonna, s’engageant dans le large escalier qui faisait face à la porte d’entrée.
Il revint rapidement, descendant l’escalier quatre à quatre, ce qui était un exploit, vu son age canonique. Précédé de frère René, Pol et le jeune homme purent s’engager à leur tour dans l’escalier. Il était large, fait d’un bois rouge sombre. Ses contre-marches étaient très courte, ce qui donnait la possibilité d’en franchir plusieurs à la fois. Ils débouchèrent dans un couloir, éclairé par une fenêtre ouverte dans le mur de droite. Ils obliquèrent vers la gauche, dépassant plusieurs portes.
Pour un temps, Gwenelg avait oublié son appréhension. Il n’avait que rarement quitté l’environnement immédiat de son îlot. Tout ce que ses yeux voyaient l’émerveillait et le surprenait.
Au bout du couloir, frère René frappa à la porte. Après en avoir reçu l’autorisation, il ouvrit la porte et s’effaça pour laisser passer les deux Ar Louarn.
La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était rectangulaire. En face d’eux, une estrade portait un autel sur lequel était placée une grande croix de bois. Les murs étaient recouverts de chêne travaillé jusqu’à mi-hauteur. Deux hautes fenêtres protégées par de lourdes tentures étaient ouvertes dans le mur de droite. Du coté opposé, une longue table de bois aux pieds très fins à laquelle travaillait un homme assez corpulent au visage rond, le nez aquilin et la bouche droite, Monseigneur Derrien, Evêque de Bro Léon.
L’homme avait les cheveux très courts, la nuque rasée jusqu’au-dessus des oreilles, comme cela se pratiquait dans la noblesse. Pourtant, il ne portait aucun des atours liés à sa charge.
Il était d'ailleurs vêtu d’un étonnant manteau. Celui-ci avait avec un col de fourrure épaisse, il était très large aux épaules, resserré à la taille et il tombait presque jusqu’au sol, laissant ainsi apparaître de courtes bottes en peau claire. La pelisse était elle-même jetée sur une haire, et à sa ceinture de cuir, un large anneau de métal lui permettait de porter les clefs.
Cette attitude vestimentaire ne surprenait pas quand on connaissait l’histoire de l’ecclésiastique.
Des années auparavant, il n’était alors que Derrien de Kergariou, fils aîné du Comte régnant sur le Léon. Ainsi que le lui permettait son ordre de naissance, le jeune homme se destinait au métier de soldat. Il devint un des lieutenants d’Alain Fergent, le futur duc de Bretagne Alain IV.
En 1086, Guillaume Le Conquérant, récent roi d’Angleterre, voulut obtenir l’allégeance de la Bretagne. Il attaqua le pays de Rennes et assiégea la ville de Dol.
Alain Fergent rassembla alors autour de lui une puissante armée. Cette troupe prit la route à la rencontre du roi d'Angleterre. Le jeune De Kergariou faisait partie de l’expédition. Au cours des nombreuses escarmouches qui se produisirent, le jeune Comte se dévoila comme un soldat courageux et il fit preuve d’une grande maîtrise des armes. Surtout, il se révéla être un excellent meneur d’homme, énergique, tenace et rusé. Tous pensaient qu'il serait bientôt un des grands soldats de Bretagne.
Au final, lorsque Guillaume apprit qu'Alain Fergent arrivait pour le combattre, il repartit si vite qu’il en abandonna son camp.
Quand Derrien de Kergariou revint chez lui, il fit la connaissance d’une jeune fille dont il demanda la main. Comme elle était de noble lignée, les noces furent annoncées. Une semaine avant la cérémonie, il enleva la belle sur son cheval pour une chevauchée à travers les landes. Par malheur, un renard traversa leur route au détour d’un chemin creux. La monture se cabra, renversant les fiancés. Derrien se releva, indemne. Mais la jeune fille était morte, la nuque brisée. Désespéré, le jeune De Kergariou entra dans les ordres. Son rang lui permit de devenir rapidement évêque. Ses relations, son sens inné de la politique et son discernement firent le reste. Au fil des ans, il était devenu l’un des hommes incontournables de Bretagne.

À la vue de ses visiteurs, Derrien se leva pour les accueillir, touchant machinalement de la main la crosse en bois qui se trouvait posé derrière lui, symbole de l’autorité sur les fidèles du diocèse et de l’abbé sur les moines."

La suite dans le livre ..........

27.01.2007

Gwenelg - A l'ombre des pays Celtes

medium_Bamburg.2.jpg
Le premier tome des aventures de Gwenelg se déroule pour l’essentiel en Bretagne. Les endroits où il s'aventure sont nombreux : l’île de Sieck, Saint Pol de Léon, Brest, Paimpol, Dinan, Dol, Saint Méen le Grand, La Roche Derrien, les monts d’Arrée …..

medium_Eilean_Donnan_neige.jpg
Mais il y a aussi l’Ecosse et l’île de Skye. (Voir l'album correspondant)

Bien entendu, le livre n' aucunement la volonté d'être un guide touristique, d’autant plus que notre héros y séjourne au …….. XIIème siècle.

Ce choix n'est aucunement fortuit. Bien plus que les décors fictifs de "l"Heroic Fantasy", la volonté de situer les aventures de Gwenelg dans la Bretagne Celtique et les vallées désolées des Highlands d’Ecosse renforce de manière crédible la faiblesse des hommes par rapport à l’implacable puissance de la Nature.

Par ailleurs je le confirme. Tous ces endroits existent et, pour autant que l’on puisse le savoir, sont décrits dans le roman tels qu’ils étaient il y a 800 ans.
Un seul lieu est totalement imaginaire.
Si vous le découvrez, laisser un commentaire sur le blog, ou envoyez moi un courriel sur gwenelg@laposte.net

Une dernière chose. Je suis présent aujourd'hui au "mille Clubs" de Plouénan pour une rencontre/discussion autour de Gwenelg à partir de 15.30

26.01.2007

Gwenelg : Porter la vie ?

Il parait qu’il n’existe que deux races de romancier, et pas plus.

La première décrit la vie. On trouve dans ces récits la peinture de ce qui nous entoure, sur un mode adapté ou pas, et qui sert de support à l’intrigue. L’écrivain très connu (et maintes fois primé – il était ce matin encore sur RTL) qui expose cette théorie prétend que c’est de la littérature par le petit bout de la lorgnette, de l’écriture par le trou de la serrure.

La seconde, toujours selon lui, porte la vie. Elle crée un monde, une atmosphère, des sensations qui génère l’émotion. Rien d’artificiel. Rien de forcé.

Je suis heureux d’avoir entendu cet exposé, car je m’y retrouve et je prétends relever de la seconde.
En effet, dans « Le retour du Tonnerre », et bientôt dans « Durandal », il y les héros, les personnages, l’aventure et les péripéties.
Mais il y deux autres « protagonistes » essentiels : la Bretagne et l’Ecosse.
La puissance de ces territoires, que je m’efforce de transmettre du mieux possible, en tout cas avec le coeur, concourre de manière essentielle, non seulement au genre du roman, mais à sa force d’impact.

C’est ma façon de porter la vie……….

25.01.2007

Gwenelg - Le Roman

A force détailler les particularités de Gwenelg tome 1 : le retour du Tonnerre, on en oublierait presque l’essentiel.

« Le retour du Tonnerre » est un livre, le premier tome de la saga relatant les aventures d’un jeune homme, Gwenelg, né sur l’île de Sieck (nord-Finistère) au début du XIIéme siècle.

Assez vite le lecteur se doute qu’un mystère plane sur la naissance du personnage central.

Bien que d’origine modeste, il va avoir l’opportunité de croiser plusieurs personnes qui auront un rôle déterminant dans sa destinée : son oncle Pol, moine à Landévennec, Gabriel, son maître de Sligachan, Ethan MacRae, futur laird d’Eilean Donan, Ruaraidh MacLeod, le chef du clan des MacLeod sur l’île de Skye en Ecosse, sa fille Aquitane, l’évêque Derrien de Kergariou, le duc de Bretagne, Conan III, le roi Henri Ier d’Angleterre, Thomas Winslade, …..
Toutes ces rencontres, couplées à ses origines énigmatiques, vont l’entraîner dans une succession d’aventures et de péripéties. Elles lui permettront d’en apprendre beaucoup sur l’histoire du duché et sur ses propres racines.
Il devient progressivement un héros peu banal, attachant, mais confronté aux émotions humaines ordinaires.

Le tout se passe sur un fond moyenâgeux réaliste, où, si tout est romancé, tout est possible. Avec une large place aux landes de la Bretagne Celtique, aux vallées secretes des Highlands d’Ecosse, au vent, à la mer, aux embruns et à la pluie.

La suite, Durandal, c’est pour bientôt. Mais chut, encore un peu de patience.

24.01.2007

Gwenelg - L'aventure et le plaisir

medium_Couverture.4.JPG


Je me rappelle parfaitement d’avoir eu à disserter – J’étais en terminale, c"était donc il y a quelques années – sur un sujet de philosophie étonnant - Lecture : plaisir ou contrainte ?

Je repense encore parfois à cette question.

Et pour cause. Depuis que je me suis lancé dans l’aventure de Gwenelg, c’est bien avec la volonté de partager avec le plus grand nombre. D’où, ensuite, la naissance de la Communauté des Aventuriers du Tonnerre …..

Mais pour participer à cette entreprise, encore faut-il faire l’effort d’ouvrir le livre.

A cet exercice, il faut admettre que les femmes sont généralement plus entreprenantes que leurs homologues masculins. J’ai découvert au cours des séances de dédicaces que les lecteurs sont souvent …………. Des lectrices.
A l’origine, je pensais que les lecteurs de Gwenelg seraient essentiellement masculins. Au final il n’en est rien. Ils semblent parfaitement partagés. Et à priori avec autant de plaisir.

C’est finalement assez naturel. Gwenelg est réellement un livre tout public. J’ai parfois entendu que la couverture faisait bouquin pour ado. Cela a aussi été mon sentiment la première fois que je l’ai vu. Mais j’ai finalement dit OK car j’estimais que cela différenciait l’ouvrage.

Tous ceux qui ont fait l’effort d’ouvrir le livre sont unanimes : les 50 premières pages sont un peu rudes (désolé, mais elles me sont indispensables pour les aventures présentes et à venir), ensuite : plaisir, plaisir, plaisir. Et aussi émotions et passions. Aventures, péripéties, découvertes et épopées. Héros et Héroïnes.
Les Bretons, les celtes et tout un chacun apprennent beaucoup sur leur propre histoire.

Finalement, faire l’effort d’aller prendre le livre est une contrainte. Puis vient le plaisir.

23.01.2007

Gwenelg - Quelle vie ?

On connaît l’origine de Gwenelg, celle du fils d’une famille de pécheur de l’île de Sieck, en Bretagne.

On découvre dans « Le Retour du Tonnerre » la possibilité qu’il soit ou pas un chevalier Kurun.

Mais quelle sera, au final, sa destinée ?
Le tome 2 (Durandal – à paraître bientôt), livre une partie de la réponse. Le lecteur peut la deviner, même si plusieurs possibilités existent.

Pourtant, Gwenelg abhorre cette notion de destin. Mais pourra t-il contrarier les évidences et la pression de ceux qui l’entourent ?

Il s’agit de la vie d’un homme, aussi extraordinaire soit-elle. Comme toutes les vies d’homme elle s’écrit lentement. Il faudra donc du temps, il faudra que Gwenelg affronte de multiples tempêtes, de nombreuses aventures, d’abondantes péripéties avant qu’il trouve sa place et qu’il connaisse la paix de l’esprit et la sérénité du cœur.

22.01.2007

Pourquoi écrire un roman ?

Je n’ai pas l’usage d’écrire à propos de l’auteur des aventures de Gwenelg. C’est, de loin, le moins important.
Néanmoins, c'est un sujet sur lequel on m’a questionné.

Pourquoi écrire ? Dans quel but ? Quel est le message ? Comment fait-on ? etc…….

A cela les réponses sont très simples.

Il n’y a pas réellement de pourquoi. Le besoin d’écrire est comme l’eau retenue par un barrage. Un jour, il cède. Mais avant, il faut que l’existence, les évènements, aient appris ce qu’est la vie. Si on prétend en parler, il faut être crédible.

Mon premier objectif a toujours été d’écrire ce que j’aurais voulu lire : Une vie d’aventure, imaginaire mais possible, avec de vrai héros, positifs et lumineux, dans les endroits que j’aime profondément. La Bretagne où je vis, et l’Ecosse que j’ai découvert il y a plusieurs années maintenant.

En deuxième lieu, procurer du plaisir aux lecteurs de Gwenelg. Leur faire passer un bon moment et, juste après avoir lu le mot fin, se sentir regonflé et être de bonne humeur.
Je n’ai pas d’autre ambition que de raconter des histoires pleines de bruits, de péripéties et de rebondissement. Apporter aussi certains éléments historiques peut être méconnus. Rappeler que nos parents qui ont vécus il y a 800 ans n’étaient pas si différents de nous que cela.

Enfin, le comment……….

En fait, je n’en sais rien. C’est le stylo (ou plutôt le clavier) qui fait tout. Je me pose devant, et tout se fait tout seul. Même si je suis lent. Ainsi, pour Durandal (Tome 2 des aventures de Gwenelg) que je viens d'achever, 8 mois m'auront été necéssaires.

21.01.2007

Gwenelg - L'extrait du dimanche matin

Comme tous les dimanches matin, un petit extrait de "Gwenelg - Tome 1 : Le Retour du Tonnerre".
Aujourd'hui, les premiers pas de Gwenelg sur la terre d'Ecosse.


"Quand Gwenelg se réveilla, Pol était en discussion avec Jacob. Le vent s’était à nouveau levé, sans violence cette fois. Cependant, sa direction nord-ouest interdisait au bateau de repartir. De plus, le Flamand estimait qu’il n’y aurait pas de bascule du vent avant plusieurs jours. Ils étaient donc coincés là pour une période indéterminée. Van Arteveld avait pris la décision de chercher à vendre sur place l’orge qu’il transportait en plus des passagers, sans attendre un hypothétique départ vers ses habituels ports de négoce. Aussi Pol annonça que lui et son neveu iraient vers Sligachan par la voie terrestre. Chacun tomba dans les bras des autres, et on se quitta en espérant se revoir aussi vite que possible.
Pol et Gwenelg abandonnèrent le petit port.
Le terrain s’éleva dès qu’ils eurent quitté la côte. Ils s’éloignèrent très vite de Plockton, et quand le jeune Ar Louarn se retourna pour la dernière fois, il distinguait à peine les silhouettes des hommes qui s’affairaient autour des bateaux.
Le terrain qu’ils tentaient de franchir était une tourbière sans fin constituée de mousses, de sphaignes remplies d’eau et parcourue d’une multitude de rus.
Le ciel était bas et chargé. Mais l’air qu’il respirait lui semblait plus léger qu’à l’habitude.
Et assez curieusement à cause du long séjour en mer, Gwenelg avait encore l’impression de tanguer, comme s’il se trouvait toujours sur le bateau flamand.
Le paysage était aride. Il n’y avait que de pauvres arbres isolés et rabougris, ayant miraculeusement enduré l’hiver Ecossais, pour accrocher le regard.
Brusquement, les deux hommes tournèrent la tête. Un faucon émerillon avait provoqué la panique parmi une bande de Bruants des roseaux. A la venue de leur ennemi, ceux-ci s'envolèrent dans un bruit d'ailes, puis plongèrent immédiatement pour se réfugier dans la végétation basse.
Tout près, sur un bloc rocheux, Gwenelg releva quelques longs poils noirs et épais. Les sangliers semblaient apprécier ces antiques pierres pour se frotter.
Au milieu de la matinée, ils atteignirent le sommet du Beinn Raimh. Il leur annonçait le début d’une longue descente.
Un bruit sec attira leur attention. A quelques toises à peines, ils aperçurent des cerfs qui se combattaient, tête contre tête et bois contre bois.
En début d’après midi, après avoir contourné le Loch Long, ils s’engagèrent dans l’ascension d’une nouvelle colline. En arrivant à son sommet, Gwenelg se figea.
Sur sa droite, l’île de Skye et ses sommets perdus dans la brume se miraient dans le Loch Alsh. A sa gauche, le long et étroit Loch Duich était surplombé par les cinq sœurs de Kintail couronnées de neige. En contre bas, telle une vigie défiant l’horizon, le Breton distinguait un château de pierres grises isolé sur un îlot Il était constitué d’un donjon carré massif et était relié à la côte par un petit pont à trois arches. L’ensemble était dominé par le Beinn a’Ch`uirn.
Le paysage était vraiment à couper le souffle, impressionnant de majesté, de puissance et d’éternité. Quelque chose entre le jardin d’Eden et les vallées marines du royaume Viking. Les nuages menaçants décuplaient la violence de cette vision magnifique, accentuant la confrontation du ciel et de l’eau. La beauté de la Nature faisait s’évanouir la présence des corps. Il y eut un moment d’harmonie entre les esprits et cette image immortelle.
Gwenelg laissa de longues minutes son esprit libre de toute maîtrise, savourant le plaisir que lui octroyaient ses yeux.
Puis ils reprirent leur périple, descendant la colline pour atteindre le Loch Duich près du château qu’ils avaient vu d’en haut. A l’entrée du pont, sur la rive du loch, plusieurs huttes de paysans étaient regroupées.
- C’est le château d’Eilean Donan, la forteresse de Conrad MacKenzie MacRae.
- Vous le connaissez ?
- Pas vraiment.
- En tout cas, c’est un drôle de nom !
- Tu te rendras rapidement compte que beaucoup de gens ici ont un nom qui commence par Mac, ce qui signifie « Fils de ». Et très souvent les gens vivent en communautés. Dans ce pays, on les appelle clans. C’est un mot qui vient du Gaélique ancien et qui signifie « enfants ».
- Si je vous ai compris, s'étonna Gwenelg, cela signifie donc que ce Conrad a deux pères ?
- Bien sur que non, fit Pol dans un sourire. Les MacKenzie ont été les premiers lairds, puis cette branche de la famille s’allia aux MacRae lors d’un mariage, et ont ce nom depuis. Mais en fait, Conrad n’utilise que MacRae comme patronyme.
Ils continuèrent leur route, franchirent le Glen Shiel à l’extrémité du Loch Duich à l’aide d’un petit pont de pierre puis gravirent les pentes du Beinn a’Ch`uirn. Le chemin serpentait ensuite paisiblement le long de la mer.
En fin de journée, ils arrivèrent à Bernera. Le hameau n’était séparé de Skye que par un petit bras de mer. L’une des rares maisons qui s’y trouvait était celle du passeur. Il accepta que les deux voyageurs dorment sous un préau où se trouvait une meule de fanes d’orge en attendant le jour."


La suite dans le livre ..............

Toutes les notes