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11.03.2007
Gwenelg - L'extrait du dimanche matin
Commes tous les dimanches matin, un petit extrait pour commencer tranquille la journée.
Je vais (malheureusement) délaisser un moment le blog. Une grosse activité par ailleurs va m'empêcher de le suivre régulièrement. J'y reviendrai néanmoins prochainement, en particulier à propos de Durandal.
Aujourd'hui, Les MacDonald attaquent la forteresse des MacRae.
"Compte tenu des libations nocturnes, Gwenelg s’attendait à trouver la forteresse vide. Mais c’était sous-estimer la robustesse des Highlanders, car à son lever le Breton pu vérifier que le château débordait d’activités
Il descendit directement à la salle du rez-de-chaussée où se trouvait Ethan. Ils volèrent 3 galettes de froment qui restaient de la veille, et se précipitèrent sur les remparts pour déjeuner en paix.
Pour accéder au chemin de ronde, il fallait emprunter un tunnel étroit et totalement sombre. Au bout de la galerie un escalier permettait d’atteindre le sommet des remparts.
Les deux jeunes gens étaient là, accoudés au mur qui faisait face à l’autre rive du Loch Duich, mangeant lentement et en silence.
L’air avait changé. Bien sur, le ciel était encore bleu, mais sans intensité et la lumière rasante avait transformé la mer en une étendue d’argent liquide. Au loin, des nuages bas approchaient sans hâte, et au pied du Sgurr Na Coinnich une fumée montait en s’inclinant. Une rafale automnale amena jusqu’eux une odeur de brume. La mer elle-même semblait s’en rendre compte, et les vagues accouraient en désordre au pied de la muraille en l’éclaboussant délicatement de leur écume. L’eau était plus sombre, et les méduses entre deux eaux devenaient fantomatiques. Derrière eux, sur la terrasse, Mac Crimmon tirait des sonorités longues et mélancoliques de son instrument.
Un roulement grandissant venu du fond du Loch leurs fit tourner la tête vers la gauche. Heureusement Ethan n’avait pas encore pu bâtir le logis dont il rêvait, et ils pouvaient de leur emplacement visualiser les deux rives de l’aber.
Ils n’en crurent d’abord pas leurs yeux. Des cavaliers lancés au grand galop fonçaient sur eux. Ils profitaient de la marée basse, permettant ainsi à leurs montures d’utiliser un espace plus large. Ils fondaient sur Eilean Donnan à 10 de front. Ils étaient réellement effrayants à voir. Têtes nues, le visage peint en rouge ou bleu, torses nus, un plaid sombre volant au vent, ils caracolaient en poussant des cris abominables tels des démons vomis par l’enfer. Ils portaient au bout de leurs bras des armes diverses : haches, épées courtes, lances et piques. Gwenelg couru le long du chemin de ronde pour voir le village.
Les habitants venaient de comprendre ce qui se passait. Ils étaient d’abord sortis de leurs maisons, s’arrêtant sur le pas de la porte, à la fois hésitants, incrédules, refusant l’évidence, presque immobiles. Et puis soudainement, tout explosa. Les femmes crièrent, tournèrent sur elle-mêmes à la recherche de leurs enfants, et se précipitèrent sur eux pour les prendre à bras le corps. Elles se mirent alors à courir vers le château, les hommes à l’arrière regardant à la fois la distance qui leur restait à parcourir et la horde qui fondait sur eux. Les habitants d’Eilean s’étaient regroupés sur les murs, regardant tétanisés le drame qui se déroulait à leurs pieds. Ruaraidh MacLeod réagit le premier.
- Tenir bon ! Suivez-moi !
Ses hommes, électrisés, réagirent sur le coup. Le laird ne demeura pas en reste.
- Aux armes !
D’un coup le château fut parcouru par des hommes à la recherche de leurs équipements, courant dans toutes les directions. MacLeod et les siens étaient déjà devant le château, se précipitant vers le pont. MacRae faisaient se ranger sur la muraille les hommes qui avaient trouvé les arcs.
Sur la berge, les premiers villageois étaient déjà à mi-chemin entre les huttes et la forteresse. Mais les assaillants que l’on distinguait désormais parfaitement atteignaient les attardés.
- Par le Sang du Christ, les Mac Donald, souffla Ethan près de Gwenelg.
Un cavalier hirsute arriva à la hauteur du dernier des fuyards et lui assena un coup avec une énorme massue. La tête du malheureux éclata dans un nuage de sang. Les autres arrivèrent et les chevaux masquèrent alors les fugitifs. On ne voyait plus que le mouvement du bras des barbares, les armes maculées de sang et les corps qui s’effondraient entre les pattes des montures. Les attaquants durent freiner à l’entrée du pont. Ils étaient contraints de ralentir en raison de l’étroitesse du passage. Cela accorda un délai aux habitants du village et de nombreuses vies furent ainsi sauvées. Les premiers à pénétrer dans l’enceinte furent les adolescents qui avaient tiré le meilleur parti de leur vigueur. Puis les femmes les plus jeunes, tirant des enfants.
Ruaraidh MacLeod, qui avait d’abord couru, avançait maintenant en marchant, une longue épée à la garde effilée à la main droite. Il se trouvait au milieu de la première arche, ses hommes collés à lui.
Devant eux, la débandade atteignait son paroxysme. Les cavaliers s’étaient engagés sur le pont, et ce qui était un handicap était devenu un avantage. Les gens couraient, mais ne pouvaient plus s’écarter de la trajectoire des cavaliers et subissait l’attaque sans aucune échappatoire. L’assaillant de tête, une hache au poignet, faisait pleuvoir ses coups à droite et à gauche, comme s’il battait le blé avec un fléau. Chaque heurt arrachait une tête ou un bras, quand ce n’était pas le buste entier. Il avait des cheveux très longs qui lui faisaient une crinière. Son visage était mangé par une barbe noire. Il était très grand, carré d’épaule, et il ne portait que des braies en peau d’ours. Il se précipitait maintenant vers une femme forte qui serrait sur son sein un enfant nouveau-né.
La femme, gênée par son embonpoint, n’avançait qu’à courtes enjambées.
Sur le mur, les gens d’Eilean s’attendaient à la voir tomber elle et son bébé. D’ailleurs, l’agresseur levait sa hache, attendant d’être au plus près pour frapper.
- Non !
Gwenelg avait crié. Son cri avait été si fort et si puissant qu’il coupa un court instant le mouvement de l’attaquant. Mais celui-ci se reprit bien vite et réarma son coup.
Au moment où il allait abaisser son bras, une montagne s’éleva entre lui et la femme.
MacLeod fit tourner son épée. Elle siffla dans l’air et s’abattit sur l’encolure du cheval qui s’arrêta net, entraînant son cavalier dans sa chute. Celui-ci n’eut pas le temps de se relever. Sa tête à crinière volait dans l’air, échouant devant les sabots d’un second cheval. Surpris, l’animal se cabra, stoppant net son élan et celui de la troupe qui suivait.
Cependant, les assaillants reconnurent le chef du clan MacLeod, et cela décupla leur rage. Ils reprirent leur course, tandis que les hommes de Skye revenaient en courant vers la citadelle, sans avoir eu le temps de retirer la passerelle en bois. Ruaraidh et ses hommes allaient atteindre la porte quand les trois premiers assaillants se portèrent à leur niveau. Mais venu du haut des murailles, et parfaitement coordonnée par le Laird, une volée de flèche les cloua avant qu’ils ne frappent.
MacLeod en profita pour entrer et aider les hommes du château à fermer la porte.
Les Mac Donald, voyants que plus personne n’était à tuer revinrent vers le village. Gwenelg qui les suivait du regard les vit piller toutes les maisons. Il se figea quand d’une d’entre elle il vit un solide gaillard sortir tenant par le bras une fille qui au mieux avait 15 ans et qui s’était caché plutôt que de fuir. Il hélait ses complices, s’esclaffant d’un rire gras. Puis il jeta la fille à l’intérieur d’une hutte où il pénétra à son tour en enlevant le plaid qui l’habillait. D’autres le rejoignirent. On entendit un moment les cris de la fille, mais bien vite elle se tu. Près d’une heure plus tard, alors qu’une bonne douzaine d’homme s’était succédée dans la maison, le dernier sortit en traînant la fille par les cheveux jusqu’au milieu du pont. L’adolescente ne se débattait pas. Le soudard s’arrêta, et certain que tous le regardaient, il décapita d’un geste la jeune fille dont il venait d’abuser.
Sur la muraille, tous étaient pétrifiés, hypnotisés par l’horreur à laquelle il venait d’assister.
Ethan tourna la tête sur sa gauche. Trois regards fixaient le village. Celui de MacLeod, plein de rage et de fureur. Celui de son père, noir, froid et implacable. Mais le plus terrible était sans conteste le regard de loup de Gwenelg. C’était celui d’un prédateur, prêt à tuer. Glacial, impitoyable et insensible. Inhumain."
La suite dans le livre ....
09:23 Publié dans L'extrait du dimanche matin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Roman, aventures, Héros, lecture plaisir, moyen âge, Bretagne Celtique, Highlands d'Ecosse





